Histoires de réussites ITP

L’HISTOIRE DE RABAB

Avant de déménager au Canada, j’ai travaillé pour le ministère de la Santé en Jordanie.  Mon expérience était à l’origine en dentisterie, cependant, lors de l’obtention de mon Master en gestion des soins de santé, j’ai été promu chef de la surveillance des maladies transmissibles et finalement chef de l’amélioration de la qualité pour l’ensemble du pays.  À vivre dans le pays politiquement le plus stable du Moyen-Orient, nous avons pu vivre d’abondance, heureux et en sécurité avec nos quatre enfants.

Toutefois, avec la récente guerre en Irak et les troubles dans les pays voisins, j’ai commencé à penser à quel genre d’avenir que je voulais vraiment pour mes enfants.  Outre le souci de leur sécurité, je voulais m’assurer qu’ils aient les meilleures possibilités d’avenir. C’est dans cet esprit que mon mari et moi avons décidé de venir au Canada.

Une des promesses que je me suis faites à moi-même concernant ma venue dans ce pays, c’est que je ne n’irais jamais à l’aide sociale et que je n’accepterais jamais qu’un emploi de survie. Si je devais vivre au Canada, j’étais déterminée à travailler dans mon domaine.  Nous avons économisé autant d’argent que nous avons pu avant de partir avec l’espoir que cela nous rendrait la transition aussi harmonieuse que possible.  Mais avec toutes les dépenses, une voiture, un appartement, des meubles et de l’épicerie, nous avons brûlé rapidement toutes nos économies le premier mois. Mon mari a dû retourner à la chz nous afin de nous soutenir.  Je suis restée au Canada pour continuer à m’adapter à notre nouvel environnement et à chercher du travail.

Peu de temps après le départ de mon mari, je me souviens d’avoir rencontré par hasard une autre femme du Moyen-Orient qui avaient vécu au Canada au cours des trente dernières années.  Elle m’a demandé quel était mon travail en Jordanie.  Quand j’ai dit que j’avais été médecin, elle soupira et me regarda avec pitié.

« Pauvre femme que vous êtes … », dit-elle, « et ici, vous n’êtes rien. »

Ses mots m’ont profondément frappée, et ils ont commencé à tourner et retourner dans mon esprit à chaque fois que j’avais des doutes.  Je me disais : « Si cette femme a été ici pendant trente ans, elle doit savoir ce qu’est la vie au Canada pour les immigrants. »

Ce fut un temps très difficile pour moi.  En dehors de ma famille, j’étais complètement isolée du reste de ma famille.  Je n’avais aucune chance de trouver un emploi et pas la moindre compréhension des attentes que je pouvais avoir dans mon domaine.  Il y avait des moments où je me demandais « Qu’est-ce que tu fais ici ? Fais tes valises, vends et rentre chez toi. »

En dépit de ces sentiments, j’ai continué à participer à des ateliers aux Jewish Family Services.  Un jour, lors d’une pause, l’un des animateurs me tendit une demande d’inscription pour le programme Du bénévolat à l’emploi, du Centre de santé communautaire Pinecrest-Queensway.